L'attente. L'incrédule attente de ceux qui n'attendent plus rien.

D'abord 3, peut-être 4 jours.. A moisir dans son propre jus, à ne plus compter la peine, à ne plus crier la douleur autour d'un organe trop fatigué, trop soudain éclaté. L'attente dans le râle du chat, compagnon de toujours, aussi tendresse que bêtise, qui ne comprend pas, se lamente et qui a faim.

Puis les heures, 2 ou 3 après l'ouverture de la porte en forces, à attendre d'autres forces pour constater, puis un ordre, pour certifier.

Encore une, pour un transfert vers une autre chambre. Loin de l'intime. La chambre trop froide, celle pour les longues attentes.

3 jours encore de visites, de paperasses, que ceux qui n'attendent plus rien ne peuvent même plus signer.

Des heures de route, vers son pays natal qui sera de nouveau et pour la dernière fois son berceau.

 

Elle n'a pas assez souffert la personne ; ses aimants non plus visiblement. Alors on renvoie à la case réfrigérée, la case départ, parce que la paperasse n'a pas su être gérée.

5 jours encore d'attente. 1 jour de transport de nouveau. Et enfin 1 dernier repos.

 

Elle est morte sans doute un vendredi.

Elle a été enterrée chez elle un samedi.

Entre les deux, trop d'attentes.

 

16 putains de jours !

 

 

 

Ponctués de l'incapacité et de la pédanterie de pompes funèbres à qui il ne suffit pas d'apprendre le métier. Que l'humain soit mis de côté lorsque le professionnel sait, en soit, cela pourrait être une défense. En l'occurence les pompes funèbres L*** Inter**** n'ont pas même une once ni de l'un ni de l'autre.

Exigeant des certificats inutiles, d'autres à des autorités incompétentes légalement en la matière à qui elles s'assurent pourtant d'apprendre leur métier. Se pointant aux frontières les poches vides, sans même une excuse à fournir et laissant en premier lieu soin à la famille de gérer l'administratif pour lequel elle les paie. Les caisses sont pleines et les coeurs vides. Et ça laisse traîner, parce que quoi ? ça s'en fout, ça oublie, on n'en sait rien, ça traîne juste.

Je suis colère de n'être que Service Public, n'ayant droit que de fermer ma gueule pendant que les coeurs saignent.

Elle a enfin un brin de repos. Fleuri par ses amis, collègues, familles, voisins... Tellement d'attentes et tellement de gens qui l'aiment. Cependant que L*** Inter*** compte sa cagnotte.